Monsieur Lune et son Renaud pour lui tout seul

 

Photo album

Release au Café de la Danse 17 Juin 2017

Monsieur Lune, Cheveu et Frédéric Monaco ©annie claire 17.06.2017 Café de la Danse
Monsieur Lune, Cheveu et Frédéric Monaco ©annie claire 17.06.2017 Café de la Danse

Monsieur Lune, alias Nicolas Pantalacci, sort le 23 Juin un album consacré aux premières chansons de Renaud des années 70-80. Les Charognards, Laisse Béton, C’est mon dernier bal, Je suis une bande de jeunes, Gueule d’Aminche… autant de chansons que nous nous régalons à écouter dans la voix veloutée de Monsieur Lune.

Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017
Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017

Ce samedi 17 Juin au Café de la Danse avait lieu le concert de sortie d’album, je vous prie de croire que c’était savoureux. Les musiciens de Monsieur Lune, on les connait, on les aime, ce sont les mêmes, des bons qu’il serait hasardeux de changer. Ambiance Renaud-Nico donc pour onze morceaux de Renaud magnifiés par le Groupe Monsieur Lune.

Parlons-en tout de suite car ils sont importants dans la réussite du projet Renaud, les musiciens de l’album et sur scène sont Sébastien Collinet à la basse, Cheveu à la guitare et à la basse, Gaël Derdeyn à la mandoline et au casiotone, Frédéric Monaco à la batterie, Guillaume Zeller aux claviers.

Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017
Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017

Ils forgent une enveloppe des plus brillantes pour les titres de Renaud présentés sous un jour nouveau et chantés par la voix douce et ouatée de Monsieur Lune. Plus qu’un album de reprises, cet album est celui de la vie de Nicolas Pantalacci qui a été bercé dans son enfance par les chansons de Renaud.

Je vous en ai parlé dans un autre article sur lui ici, ses parents (décédés depuis) ont travaillé avec Renaud Séchan, l’une comme attachée de presse, l’autre comme journaliste de radio. C’est dire s’il est imprégné de l’écriture de Renaud, et sensible à sa description imagée des injustices sociales.

Monsieur Lune ©annie claire 17.06.2017
Monsieur Lune ©annie claire 17.06.2017

Son parti pris est de rester fidèle à la mélodie d’origine et de restituer la rondeur et l’ampleur des textes avec sa voix tendre, s’opposant à celle du chanteur historique, rêche et souvent sèche.

On a souvent dit que Nico était dans la fibre Souchon, c’est précisément son côté lunaire, attendri, enfantin et sensible.

Malgré tout il reste lui-même, tel que nous le connaissons dans ses autres projets, vif, très mobile sur scène, généreux laissant une belle place aux musiciens, gérant un jeu de scène au millimètre, avec ou sans guitare, allant même jusqu’à rester couché un grand moment, en interpellant le public pour le faire se relever.

©annie claire 17.06.2017
©annie claire 17.06.2017

Il parle beaucoup à l’assistance entre les chansons, et explique notamment sa proximité avec Monsieur Renaud Séchan, qu’il vénère, mais aussi Coluche dont il chante Soleil immonde. Notons que c’est Coluche qui a écrit cette chanson, paroles et musique, et que bien des personnes dans l’assistance en connaissaient les paroles et chantaient en sourdine. La voici par Renaud.https://www.youtube.com/watch?v=S_4zIKaf_GY

Monsieur Lune parle aussi de sa famille, de ses beaux pères, dont celui qui a réalisé la pochette de l’album, présent dans la salle. Il dédie d’ailleurs ce disque à sa maman. En résumé « Un Renaud pour moi tout seul » est une profession de foi plus qu’un disque de reprises, c’est le sixième opus de Monsieur Lune avant tout. On s’en fait une idée ici :

Annie Claire 18.06.2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Francesca Solleville « Dolce Vita » au Café de la Danse

 

 

Francesca   Solleville

Sortie de l’album « Dolce Vita »

 Café de la Danse le 5 Mars 2017

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Dense Café de la Danse

 Francesca Solleville, la très vénérée Grande Dame de la Chanson Française.

Ils sont venus de tous pays, de tous points de France et de Paris, les fans de Francesca Solleville, les amis. Public ou professionnels du spectacle et de la chanson, tous ont vécu une rencontre forte avec cette artiste au grand cœur, qui nous a encore beaucoup émus ce dimanche sur la scène du Café de la Danse.

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Francesca Solleville est une personne qui ne se cache pas, quand elle est sur scène, comme dans la vie, elle doute, elle redoute !! Et le public entre tout de suite en phase avec cette immense interprète, qui a passé sa vie professionnelle à mettre en valeur les textes et les musiques des autres.

De formation classique, comme elle le rappelait dimanche sur scène, Francesca a beaucoup travaillé la voix au service des pièces du répertoire de chant lyrique. Elle a une justesse de placement de voix qui lui est propre, et qui la conforte certainement dans son interprétation. De par cette formation, elle connaît parfaitement bien le solfège et lit la musique, ce qui est loin d’être le cas de tous les chanteurs.Sa voix couvre deux octaves.  Ainsi dimanche, lors d’un petit incident d’erreur de textes, après une rupture dans la chanson, elle a exactement repris là où elle avait chuté, sur l’exacte haute note du morceau. Chapeau Madame !!

Ne nous y trompons pas, avoir travaillé le chant classique n’empêche pas cette artiste d’avoir un côté rock indéniable, souvenez-vous qu’elle a fait la première partie d’un certain Johnny Halliday à Bruxelles…

Ce n’est plus un secret depuis les indiscrétions d’internet, Francesca Solleville est née un 2 Mars, et beaucoup d’événements de sa carrière se sont déroulés en début Mars, ses sorties d’album notamment. Ainsi, le 5 et 6 Mars 2012, l’artiste chantait à l’Européen pour la sortie de « Promesse à Nona ».

Dans la salle donc, en plus de ses nombreux admirateurs fidèles que l’on retrouve à chacun de ses concerts, l’on a vu des artistes qui lui ont écrit des textes ou/et des musiques, de tous âges, car P1240439Francesca aime s’entourer de toutes les générations. Anne Sylvestre, Jérémie Bossone, Pierre Grosz, Yvan Dautin, Gérard Pierron, Céline Caussimon, et aussi Ernest Pignon Ernest qui lui a dessiné des pochettes d’album.
Certains étaient empêchés, parfois pour de sérieuses raisons. Allain Leprest, Jean Ferrat, Aragon, Maurice Fanon, Léo Ferré, Bernard Dimey ou Boris Vian n’ont pas eu à fournir d’explication, hélas.

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Textes forts, engagés, se retrouvent magnifiés dans la voix timbrée de Francesca, qui, toute sa vie a manifesté son investissement dans les causes politiques ou féministes, ne craignant jamais de s’exposer devant une critique souvent bien aux taquets.

Ses musiciens sont ceux de toujours, Michel Précastelli et Nathalie Fortin au piano, tour à tour ou ensemble pour la finale « Ma France », Jean-Yves Lacombe à la contrebasse, en plus de Cécile Girard au violoncelle et Bertrand Lemarchand à l’accordéon.

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Un nouvel album très poétique

Ce CD « Dolce Vita » se présente plus poétique, avec une grande diversité d’auteurs. Il est moins thématique que les précédents, et surfe sur une philosophie de vie que défend l’ interprète au grand cœur. Sur scène, Francesca  livre  quelques anecdotes de sa vie, ses états d’âme enfantins, c’est la petite fille qui nous raconte Bécassine, faisant une trêve avec la profondeur de ses premières chansons.

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Ainsi la chanteuse, qui se dit « seulement interprète » donne les chansons des autres avec une profondeur et une dimension essentiellement humaine que beaucoup d’ACI lui envient.

Le CD « Dolce Vita »

http://www.deezer.com/album/15191505
– La page blanche  Jérémie Bossone

Les petits cailloux Pierre Grosz Thierry Geoffroy

La vague Michel Bühler

On ne me commande pas Allain Leprest Gérard Pierron

Dolce Vita Rémo Gary Nathalie Fortin

Vous êtes marrants les riches Allain Leprest Jehan Cayrecastel

La dame Cendrillon Yvan Dautin Abgelo Zurzolo

La corde Céline Caussimon Gérard Pierron

Marguerite et la Bella Ciao Christian Paccoud

Le mur Méditerranée Eric Pellerin

L’ombre gagne Aimé Césaire Bernard Ascal

Les portes de la France Bernard Dimey Jean Michel Piton

J’en veux Jean Michel Piton

Bel hippocampe Jean Michel Piton

 

Annie Claire 07.03.2017

 

Michèle Bernard un hymne à la vie.

Concert de sortie d’album « Tout’Manières » au Café de la Danse, le 16 octobre 2016.

Michèle Bernard fait sa Mouscouri avec les lunettes d'une spectatrice ©annie claire Café de la Danse 18.10.2016
Michèle Bernard fait sa Mouscouri avec les lunettes d’une spectatrice ©annie claire Café de la Danse 18.10.2016

          Michèle Bernard et toute sa bande.

Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016
Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

Accordéoniste, humaniste, féministe, aquarelliste des mots, Michèle Bernard est une chanteuse qui sait émouvoir, quels que soient les thèmes qu’elle aborde. Ce qui est prégnant chez elle, c’est qu’elle aime les gens, elle les envisage, elle leur rend hommage, ce faisant elle se les attache, et c’est une qualité qui fait souvent toute la différence dans la multitude des artistes que nous allons écouter.

Michèle bernard fête sa sortie d'album au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016
Michèle bernard fête sa sortie d’album au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

La bande de Michèle Bernard est grande. Sur scène, cinq fidèles musiciens, car Michèle Bernard aime quand la musique sonne amplement, Sandrine de Rosa au violon et au yukulélé, à la contrebasse Michel Sanlaville qui a composé les arrangements, Alice Perret au piano et clavier, Pascal Berne à la guitare et Yvan Oukrid à la batterie. S’y ajoute David Venitucci qui a joué pour le disque, Anne Sylvestre, qui est sa compagne de route dans la chanson et pour qui elle a écrit un titre : Madame Anne. Cela fait beaucoup de monde sur scène, une équipe d’amis comme Michèle aime en avoir autour d’elle.

Sandrine de Rosa et Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016
Sandrine de Rosa et Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016

D’ailleurs, ils se partagent une bouteille d’Ouzo, vers la fin Du spectacle, le concert est une fête !

Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016
Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

Michèle Bernard parle  bien de la mort

Beaucoup, mais sans douleur, elle invoque la mort comme une alarme pour nous réveiller de nos conditions souvent résignées, englobés que nous sommes dans le chewing-gum des progrès de la civilisation.

Avec toute l’énergie dont elle est capable, Michèle Bernard envoie sur scène des imprécations musicales qui, toutes mesurées qu’elles soient, n’en sont pas moins alarmistes sur le manque d’humanité dont les nouvelles générations font preuve. Pour ce faire, elle convoque la poésie, la métonymie et autres figures de style pour nous réveiller en douceur de notre endormissement.

Ainsi les brocs bleus du cimetière de Sète « dernière valse bleue dans la main du passant » évoquent en légèreté la présence de la disparition, de l’anéantissement inéluctable de l’être humain. Sur cette magnifique chanson, qui n’est pas sans évoquer un certain « Orly » de Brel (pour la musique), Michèle Bernard parle des rythmes de la vie, comme d’une danse à plusieurs temps. C’est un leitmotiv que l’on retrouve chez elle, comme dans La valse de la vie, composée par Suzy Firth en hommage à Michèle Guigon, disparue en 2014. Il y a un autre hommage dans le disque et dans le concert aussi à Jean Pacalet, un accordéoniste ami qui est mort en 2011. C’est la chanson La montée des anges qui invoque les bons génies pour rappeler la mémoire de cet ami. Le titre est réaliste sans affliction, ni pesanteur. « Tu nous as laissés dans les crocs du temps qui passe, mais rien ne change…  Jeannot ».

Autre belle chanson, « Savon d’Alep (Pavane pour une Syrie défunte) ». Le titre parle de lui-même. La chanteuse évoque les qualités de douceur du savon d’Alep pour regretter la cruauté qui se déroule dans la ville de Syrie. Alep, aleph… la chanson a des sonorités orientales, elle n’est que tempérance.

Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016
Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016

Rivière (Juste pour la beauté du monde) est un titre plus aérien où la chanteuse invoque l’espace, la nature. Sa voix claire s’envole dans les hauteurs. Les roses, « au parfum sucré », reçoivent leur salut, et le poème nous fait penser à certains vers et intonations d’Hélène Martin, que nous avons connue au lendemain de 68 dans les lieux parisiens que fréquentait aussi Michèle Bernard.

©annie claire 16.10.2016
©annie claire 16.10.2016 Sandrine de Rosa, Michèle Bernard et Michel Sanlaville

Quelques titres parmi ses tubes, pour donner du baume au coeur à ses fans, Michèle Bernard a bien sûr chanté Maria Suzanna en début de concert, puis un peu plus tard, terriblement bouleversante, Je t’aime, seule à l’accordéon.

Michèle Bernard et Anne Sylvestre ©annie claire 18.10.2016
Michèle Bernard et Anne Sylvestre ©annie claire 18.10.2016

michele-bernardA la fin du spectacle, après les rappels, Michèle Bernard revient seule sur scène, se plante devant les spectateurs, un Café de la Danse plein pour la seconde soirée, et les regarde, pendant de longues minutes, leur offrant l’intensité de sa présence bienfaisante. Moi j’ai envie de dire aussi, Madame Michèle Bernard, nous vous aimons, beaucoup, depuis bien longtemps, vous nous faites du bien, un bien essentiel.

Michèle Bernard « Tout’Manières » 14 titres chez EPM/Universal.  Management Vocal 26.

Annie Claire 17.10.2016