Le Prix Moustaki en coulisse

Comme je le disais dans mon reportage de la soirée de finale, faire partie du jury, c’est exaltant, c’est riche, ça donne pas mal de travail et ça prend du temps. Pour paraphraser Starmania, pendant les travaux de préparation, on se cajole, on se comprend, on se console, on danse les uns avec les autres, on court les uns après les autres, mais au bout du compte… on se retrouve le lendemain seul devant la page blanche pour recommencer à créer, innover, raconter, exister.

Jury Moustaki ©annie claire

Le Prix Georges Moustaki comporte un jury important. Plus de quarante professionnels du monde de la musique de Paris, province et même étranger. Une des raisons en est de garantir une diversité, de casser les codes des chapelles de musique, en chansons, pas chanson, rap, slam, pop, jazz…Une autre est de permettre de recueillir des compétences complémentaires. Une attachée de presse est précieuse pour donner la couleur de ce qui se passe dans l’actualité. Un directeur de festival est confronté à un très grand nombre de groupes d’artistes. Un journaliste est très réactif, compte tenu de la belle diversité de spectacles vivants qu’il couvre. Un manager d’artiste apporte un projecteur différent sur un candidat, bref chacun a sa place pour défendre les candidats. De plus, c’est autant de chances de recueillir des prix pour les lauréats, sous forme de prestations, de programmations, ou même des prix en numéraire.

Dominique Janin, François Alquier, Corinne Labat ©annie claire

Les professionnels se connaissent entre eux déjà car ils se rencontrent dans les événements importants, congrès, festivals, concerts, colloques et pour eux aussi c’est enrichissant de discuter avec leurs collègues pour s’informer ou corroborer un ressenti sur tel  ou tel artiste. Voilà, c’est pas toujours idyllique, mais c’est courtois plein d’intérêt. A quoi servirait de faire son travail dans son coin de bureau, seul avec ses certitudes ?

Dans le Jury Moustaki, nous avons avec nous Bettina Vernet qui dirige Catalyse, une structure culturelle de Genève qui repose sur le concept de la « créativité heureuse ». Catalyse chaque année décerne un Prix de 1000€ à un ou une candidate dont l’esprit lui semble coller à la philosophie de sa structure, ouverture, échange, exigence de qualité.

Nous avons également Pia Moustaki la fille de Georges Moustaki, qui est une artiste qui chante,

Pia Moustaki ©annie claire

ainsi que Marie-Ange Mirande qui était l’assistante de Georges Moustaki. Pia Moustaki a initié une fête au New Morning pour les cinq ans de la disparition de son père.

Le 2 mai prochain à 20h30, au New Morning (Officiel) de Paris, aura lieu la soirée « Georges Moustaki, près de nous », à l’occasion des cinq ans de sa disparition. Initié par sa fille Pia Moustaki, ce concert recevra notamment Gatica (Prix du Jury 2018), Joyce Jonathan (Présidente 2018), Gauvain Sers (parrain 2018), mais aussi François MorelCatherine RingerGuy Bedos, Cali, Costa GravasAgnès Jaoui OfficielJP NATAF (Les Innocents), Nilda Fernandez offcielJoel FavreauMouss et Hakim Amokrane (Zebda), SaphoRosemary Standley (Moriarty), Maria Teresa, Paco Ibañez et Angélique Ionatos

Pia Moustaki ©annie claire

Patrice Demailly, Corinne Labat, David Desreumaux

 

Si le Prix Moustaki est un concours pour les artistes indépendants, souvent en phase d’émergence, il est aussi une fête. Tel que l’ont conçu Matthias Vincenot et Thierry Cadet, il se passe dans un esprit bon-enfant de gentillesse entre personnes de bonne compagnie, il donne lieu chaque année à des réunions sympathiques où les arrières pensées ne sont pas de mises, pas plus que les paroles blessantes, les comportements d’envie ou de dépit. Foin de tout cela !!! On travaille pour que la fête soit réussie et que de plus en plus de public y vienne chaque année de manière à ce que le Prix représente un atout professionnel pour les artistes. Il n’y a pas de grosses sommes à gagner, mais une visibilité auprès de tant de professionnels de la musique, c’est une forte motivation.

Matthias Vincenot et Thierry Cadet avec Philippe Lefait

On assiste ainsi à un moment fort de la vie culturelle et musicale, et l’on a plaisir à retrouver les programmateurs de province, les confrères de presse écrite, les journalistes de radio, les éditeurs qui travaillent avec la musique, les directeurs de salles, le Prix Moustaki est un Carrefour de la musique, où l’on ne vient pas faire ses courses, ni conforter son « fonds de commerce », mais s’ouvrir, découvrir et défendre la qualité de la scène vivante.

Annie Claire 04.03.2018

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