Babel Nouvel EP 4 titres Sans-Titre

BABEL  électrise  les  mots

P1330555

Fortement énergisé par Elektra, le label de Warner Music France, le groupe Label propulse des sons forts sur des mots sanglants, véhiculés par des mélodies rappantes mais pas trébuchantes.

Sébastien Rousselet, jeune quarantenaire de Mayenne, a la voix bien mûre, grave avec un grain de porosité. Ce projet à quatre semble bien équilibré, avec une violoncelliste classique, Solène Cosma, le très jeune Nino Vella au clavier et DJ Slade au contrôle des sons, beatbox et diverses percus.

Les textes sont plutôt sombres, mais ne chavirent pas dans la morosité. Ils sont lâchés par le chanteur dans la force de l’émotion, et relayés par l’explosion des vibrations électro. L’enregistrement du tout est totalement sous contrôle, les morceaux font mouche, et envoient pleine cible. La réalisation est de Joris Favraud.

P1330557

Ils ont fait en Juin la première partie des Vieilles Canailles à Lille, et chanter devant le public de Johnny, Eddie Mitchel et Jacques Dutronc a constitué un fait marquant de leur tournée.

Babel a également par le passé réalisé des covers, de la Valse à Mille Temps, par exemple, tiens Brel, comme par hasard. On y retrouve un son explosé, mais tout en finesse qui caractérise le groupe.

Annie Claire 17.07.2017

Monsieur Lune et son Renaud pour lui tout seul

 

Photo album

Release au Café de la Danse 17 Juin 2017

Monsieur Lune, Cheveu et Frédéric Monaco ©annie claire 17.06.2017 Café de la Danse
Monsieur Lune, Cheveu et Frédéric Monaco ©annie claire 17.06.2017 Café de la Danse

Monsieur Lune, alias Nicolas Pantalacci, sort le 23 Juin un album consacré aux premières chansons de Renaud des années 70-80. Les Charognards, Laisse Béton, C’est mon dernier bal, Je suis une bande de jeunes, Gueule d’Aminche… autant de chansons que nous nous régalons à écouter dans la voix veloutée de Monsieur Lune.

Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017
Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017

Ce samedi 17 Juin au Café de la Danse avait lieu le concert de sortie d’album, je vous prie de croire que c’était savoureux. Les musiciens de Monsieur Lune, on les connait, on les aime, ce sont les mêmes, des bons qu’il serait hasardeux de changer. Ambiance Renaud-Nico donc pour onze morceaux de Renaud magnifiés par le Groupe Monsieur Lune.

Parlons-en tout de suite car ils sont importants dans la réussite du projet Renaud, les musiciens de l’album et sur scène sont Sébastien Collinet à la basse, Cheveu à la guitare et à la basse, Gaël Derdeyn à la mandoline et au casiotone, Frédéric Monaco à la batterie, Guillaume Zeller aux claviers.

Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017
Café de la Danse ©annie claire 17.06.2017

Ils forgent une enveloppe des plus brillantes pour les titres de Renaud présentés sous un jour nouveau et chantés par la voix douce et ouatée de Monsieur Lune. Plus qu’un album de reprises, cet album est celui de la vie de Nicolas Pantalacci qui a été bercé dans son enfance par les chansons de Renaud.

Je vous en ai parlé dans un autre article sur lui ici, ses parents (décédés depuis) ont travaillé avec Renaud Séchan, l’une comme attachée de presse, l’autre comme journaliste de radio. C’est dire s’il est imprégné de l’écriture de Renaud, et sensible à sa description imagée des injustices sociales.

Monsieur Lune ©annie claire 17.06.2017
Monsieur Lune ©annie claire 17.06.2017

Son parti pris est de rester fidèle à la mélodie d’origine et de restituer la rondeur et l’ampleur des textes avec sa voix tendre, s’opposant à celle du chanteur historique, rêche et souvent sèche.

On a souvent dit que Nico était dans la fibre Souchon, c’est précisément son côté lunaire, attendri, enfantin et sensible.

Malgré tout il reste lui-même, tel que nous le connaissons dans ses autres projets, vif, très mobile sur scène, généreux laissant une belle place aux musiciens, gérant un jeu de scène au millimètre, avec ou sans guitare, allant même jusqu’à rester couché un grand moment, en interpellant le public pour le faire se relever.

©annie claire 17.06.2017
©annie claire 17.06.2017

Il parle beaucoup à l’assistance entre les chansons, et explique notamment sa proximité avec Monsieur Renaud Séchan, qu’il vénère, mais aussi Coluche dont il chante Soleil immonde. Notons que c’est Coluche qui a écrit cette chanson, paroles et musique, et que bien des personnes dans l’assistance en connaissaient les paroles et chantaient en sourdine. La voici par Renaud.https://www.youtube.com/watch?v=S_4zIKaf_GY

Monsieur Lune parle aussi de sa famille, de ses beaux pères, dont celui qui a réalisé la pochette de l’album, présent dans la salle. Il dédie d’ailleurs ce disque à sa maman. En résumé « Un Renaud pour moi tout seul » est une profession de foi plus qu’un disque de reprises, c’est le sixième opus de Monsieur Lune avant tout. On s’en fait une idée ici :

Annie Claire 18.06.2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soan  » Celui qui aboie »

 

 

SOAN  « Celui qui aboie »

Soan
13 titres Wagram / One Hot Minute

Assagi mais pas calmé, Soan revient avec un album acoustique produit en financement participatif. Il fait confiance à sa voix et son pouvoir de conviction, et aussi à son écriture sur le fil à la Vintrigner.

Soan rend dans ce cinquième album une sorte d’hommage à Brel à qui il emprunte une grandiloquence plutôt passée de mode. Qu’importe ! Il aboie les mots, il désosse les phrases, il crache son désespoir, il vomit son ennui, à voix cassée, déprimée, écorchée.
Il est question d’ivresse, les mots se bousculent, se délient dans un flow issu du slam et l’on pense à Imbert-Imbert, ou Gaétan Roussel. La mélodie revient avec Chapeau de paille, très Moustaki cette fois, toute voix mise à part. Des choeurs d’hommes renforcent le côté âpre du texte.

Soan 3
Et voilà qu’un titre en anglais s’en vient rompre la monotonie, mais pas la mélodie, dans un titre très Dylan  The Hurricane d’une jolie facture.
L’ennui reste un thème récurrent, Cinq Heures donne lieu à une poésie aussi belle que désespérée. La chanson est douce même si son thème arrache des larmes d’effroi. Tout comme Le Chat (d’ivrogne), tiens tiens…
Les malentendus semble vouloir mettre tout le monde dans la poche malgré les excès du passé, en terminant l’opus sur de joyeuses gammes de piano.

Soan 2

Bel ouvrage bien convaincant.

Annie Claire 06.06.2017