
Le sixième album solo d’Imbert Imbert « Petit journal du feu » sort bientôt, le 28 Août, labellisé Printival. Il est annoncé depuis un moment déjà avec le spectacle Petit journal du feu – Crépitements du silence, dans lequel Imbert Imbert se produit en quintette avec une brillante interprétation en langue des signes. Le CD lui, est accompagné d’un livre de poèmes (51) illustré, comme la pochette du disque par Delphine Fabro.

Mathias Imbert se produit sur scène avec sa contrebasse depuis une vingtaine d’années, son univers artistique et musical a une identité remarquable, l’homme, écorché vif, affiche une volonté de liberté et une expression explosive qui rendent ses prestations bouleversantes d’émotion. Je me souviens de lui au Limonaire bien des soirs, et puis au Festival de Barjac, plusieurs fois, notamment une enfermé avec sa contrebasse dans une cabine téléphonique. L’artiste revendique un côté punk qui a un peu violenté l’auditoire traditionnel de Barjac la première fois. Depuis, Imbert Imbert s’est imposé avec ses chansons à l’os et ses judicieuses collaborations avec des artistes que nous aimons. J’ai parlé de lui ici récemment à propos de Boucan et de Bancal Chéri deux formations originales dont il fait partie.

Sur cette image, les musiciens du disque également, Brunoî Zarn à la guitare folk, Lucie Delmas au marimba, Mathieu Werchowski au violon, Laurent Paris aux percussions, plus un acteur à part entière du spectacle, Igor Cassas à la traduction en chansigne. Il faut ajouter la participation à l’enregistrement du CD de l’illustre René Lacaille et son accordéon sur quatre titres. Ecoutez Je bronze à ton silence en début de disque. Remarquez l’écriture sur le fil de Mathias Imbert, son timbre incisif pénétrant et la subtilité de l’accordéoniste.

Revenons au Journal du Feu et ses douze morceaux écrits par Mathias Imbert en hommage à son père Dominique Imbert, sculpteur, inventeur décédé en 2021. Cet homme a eu un destin peu ordinaire, brûlé gravement au dos dès son tout jeune âge, il a passé sa vie à apprivoiser la chaleur, et à maintenir un rapport quasi – fusionnel avec le feu, jusqu’à inventer et commercialiser une cheminée suspendue pivotante nommée Gyrofocus. Son fils, Imbert Imbert chante son attachement au père et son admiration avec beaucoup de pudeur. Il retrace l’importance du feu dans nos vies, sa mise sous tension, ses explosions, ses crépitements, ses étincelles, sa lumière et sa chaleur. « Quand on regarde le monde on n’y voit que du feu ». La langue d’Imbert Imbert est rêche, brute, directe, elle échappe aux codes de l’écriture chanson, elle est comme le feu, indomptable et puissante. Ce disque, déchirant de force, est ponctué en son milieu par un magnifique morceau musical « respiratoire », Virgule, qui permet de se remettre de ses émotions tout en préparant la suite enflammée.
Voici Ne pas confondre, une chanson profonde, riche en onomatopées, avec Cédric Pierini à l’accordéon diatonique. Beaucoup de titres sont déjà sur le net avec leur clip, vous n’aurez pas de peine à les retrouver. J’apprécie beaucoup cet opus très délicat où Imbert Imbert s’avère, mine de rien, bien sentimental à l’évocation lumineuse et chaleureuse de la vie de son auguste père.
Annie Claire
18.08.2026
