Jérémie Bossone « Le Décembre Italien »

Photo du net

Jérémie Bossone, s’apprête à sortir un nouvel opus, « Le Décembre Italien », riche et brillant, comme le personnage artistique que nous connaissons. Véritable ovni de la chanson, Jérémie a une voix unique, magnétique qui sait s’envoler dans les hauteurs avec sûreté, et qui incarne les mots de ses textes plus directement que l’image de son interprétation scénique, qui est pourtant elle aussi très forte et suggestive. L’artiste n’est pas que chanteur, ou comédien, il écrit des romans, dans la vie c’est un rockeur.

L’an passé paraissait l’album « Les mélancolies pirates » d’une teinture plus rock. Dans « Le Décembre Italien », dont la sortie est prévue pour le 25 septembre 2020, l’on retrouve le Jérémie romantique écorché, celui de l’époque Scarlett et des good vibrations de sa guitare acoustique. Cette fois l’héroïne n’a pas de prénom, mais elle est très présente dans l’histoire décrite dans le disque tout entier. Elle incarne une grande histoire d’amour qui a vécu son apogée, puis son déclin dans un voyage en Italie, dans la neige et le soleil d’hiver, dans un pays mythique. Jérémie Bossone a bien sûr écouté Barbara, il la chante même à l’occasion : « Florence et Naples, Naples et Venise / On se le dit, on y croit / Que c’est pour la première fois » [in A chaque fois de Barbara].

Photo du net non créditée

Les dix chansons de ce disque nous font partir en Toscane, à Vérone, à Florence, à Pompéi, Milan, Rome, Naples,  Salerne, Rimini… sur « le feu des amours mortes » de Jérémie et de son aimée. A Pompéi, « l’amour a un goût de cendre » et « le fantôme de l’amour danse ». La musique de Bossone a toujours un caractère affirmé, la rythmique est forte, les guitares se déchaînent sur les déchirements de l’âme décrits avec gloire et pudeur cependant. Pas d’épanchements lacrymaux, juste perceptible la violence des sentiments et si Jérémie se retrouve en Barbara, Bossone sait interpréter à la Ferré. Les morceaux diffèrent, le côté folk commence en donnant le ton, puis les instruments se déploient, guitares, mandoline, claviers, et surprise sur « Elle m’a prêté sa main, pas son coeur », Jérémie installe une ambiance à l’harmonica qu’Hugues Aufray n’aurait pas reniée. Personnellement, j’aime énormément le titre « Interchangeables » qui donne la philosophie positive de cette traversée, bien que décrivant un écueil sur lequel l’humain souvent se brise, « Comme à chaque fois », comme le disait Barbara. Ici la guitare est toute en pudeur, précise et descriptive, comme dans une chanson de Fréderik Mey, et ses amants de Vérone, [in Il me suffit de ton amour].

Pudeur également dans « Dis à ta mère », un titre émouvant d’humanité et de poésie alliant la mère à la mer. Le Bossone s’y met en scène avec réserve et lucidité, il est touchant de réalisme « l’amour se sert de nous », conclue t-il, car « le papa de l’enfant c’est pas moi ». J’ai essayé de dire tout le bien que je pense de ce délicat CD qui ressemble au Jérémie Bossone que je connais depuis une bonne dizaine d’années, un artiste haut en couleur (jusqu’à la la pointe des doigts) qui ne finira jamais de nous étonner, et qui sera toujours là, comme c’est gravé sur le bois de sa guitare.

 

Annie Claire 23.07.2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *