VON B. « Von B. »

 

Von B. D.R.

Et dire que j’ai failli passer à côté du premier album solo de Ludwig Brosch. On le connait comme instrumentiste, compositeur de musiques  au sein de groupe comme Radiosofa ou Foray. Désormais sous le nom de Von B. [jolie allusion à Beethoven], l’artiste de Rouen est aussi auteur et chanteur. Les textes sont en français, avec une écriture profonde, poétique, intimiste et universelle, touchante. Einat Klinger et Mirjam Taütz ont participé à cette rédaction, chanté et pour Mirjam joué du violoncelle. La musique est le point fort de l’album. Ample, elle fait beaucoup plus que porter les paroles, elle imprime l’atmosphère propre à chaque titre, sachant se faire inquiétante, rassurante, rafraichissante, envoutante. C’est un peu comme la découverte du goût d’un fruit, tout en rondeur et en notes finement acidulées sucrées.

Il faut parler du phrasé de Von B. qui coule les mots dans cette musique en fusion, bien présente, tantôt en parler/chanter, seul ou en duo avec Einat Klinger [Evanoui, Zombie Walk], tantôt en chantant de sa voix de poète mature. Je ne ferai pas de comparaison, et présente plutôt pour illustrer mon propos le titre La pluie avant qu’elle tombe « Il pleut des hommes sur le trottoir / Comme des fruits un peu trop mûrs / … Les fruits s’écrasent sur le goudron / Ouvrent un cratère dans nos espoirs ». Vous allez voir qu’une fois la chanson terminée, vous aurez envie de la réécouter pour en savourer le texte. Dans un autre exercice voici le magnifique morceau Zombie Walk où un instrumental de presque 6 minutes, de riche facture électro-pop, soutient un dialogue poignant sur fond de drame conjugal.

Il y a de la douceur mélancolique tout au long de ces dix titres, mêlée d’espoir, pimentée de violence et d’amour. Voici pourquoi j’ai aimé ce premier disque solo de Von B. sorti à l’automne dernier.

Annie Claire

22.12.2024

2 réponses à “VON B. « Von B. »”

  1. Bonjour
    Merci pour vos chroniques , souvent fort intéressantes . Juste un bémol pour celle consacrée à Von B. . en parlant de Zombie Waltz comme d’une simple rupture amoureuse , vous avez minimisée (involontairement j’en suis sur) le propos puisque cette cette chanson dénonce la violence conjugale et l’emprise que peut avoir un pervers narcissique sur une femme victime . Ce morceau est un des plus beaux et des forts jamais enregistré et une dénonciation forte de ces violences conjugales et du mal être que peuvent ressentir les victimes . C’est du moins le point de vue que je donne dans ma chronique.

    Merci pour votre bmlog et bonne continuation. .

    1. Bonjour Jean, merci pour vos commentaires sur mon blog. J’ai visionné le clip de Zombie Waltz qui n’était pas sorti quand j’ai écrit mon texte. Vous avez raison, le climat est grave, la situation désespérée. L’emprise est un thème important, suffisamment pour que je change la fin de mon papier. Bonne journée.

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