Michèle Bernard un hymne à la vie.

Michèle Bernard Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

Concert de sortie d’album « Tout’Manières » au Café de la Danse, le 16 octobre 2016.

Michèle Bernard fait sa Mouscouri avec les lunettes d'une spectatrice ©annie claire Café de la Danse 18.10.2016
Michèle Bernard fait sa Mouscouri avec les lunettes d’une spectatrice ©annie claire Café de la Danse 18.10.2016

          Michèle Bernard et toute sa bande.

Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016
Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

Accordéoniste, humaniste, féministe, aquarelliste des mots, Michèle Bernard est une chanteuse qui sait émouvoir, quels que soient les thèmes qu’elle aborde. Ce qui est prégnant chez elle, c’est qu’elle aime les gens, elle les envisage, elle leur rend hommage, ce faisant elle se les attache, et c’est une qualité qui fait souvent toute la différence dans la multitude des artistes que nous allons écouter.

Michèle bernard fête sa sortie d'album au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016
Michèle bernard fête sa sortie d’album au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

La bande de Michèle Bernard est grande. Sur scène, cinq fidèles musiciens, car Michèle Bernard aime quand la musique sonne amplement, Sandrine de Rosa au violon et au yukulélé, à la contrebasse Michel Sanlaville qui a composé les arrangements, Alice Perret au piano et clavier, Pascal Berne à la guitare et Yvan Oukrid à la batterie. S’y ajoute David Venitucci qui a joué pour le disque, Anne Sylvestre, qui est sa compagne de route dans la chanson et pour qui elle a écrit un titre : Madame Anne. Cela fait beaucoup de monde sur scène, une équipe d’amis comme Michèle aime en avoir autour d’elle.

Sandrine de Rosa et Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016
Sandrine de Rosa et Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016

D’ailleurs, ils se partagent une bouteille d’Ouzo, vers la fin Du spectacle, le concert est une fête !

Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016
Michèle Bernard au Café de la Danse ©annie claire 16.10.2016

Michèle Bernard parle  bien de la mort

Beaucoup, mais sans douleur, elle invoque la mort comme une alarme pour nous réveiller de nos conditions souvent résignées, englobés que nous sommes dans le chewing-gum des progrès de la civilisation.

Avec toute l’énergie dont elle est capable, Michèle Bernard envoie sur scène des imprécations musicales qui, toutes mesurées qu’elles soient, n’en sont pas moins alarmistes sur le manque d’humanité dont les nouvelles générations font preuve. Pour ce faire, elle convoque la poésie, la métonymie et autres figures de style pour nous réveiller en douceur de notre endormissement.

Ainsi les brocs bleus du cimetière de Sète « dernière valse bleue dans la main du passant » évoquent en légèreté la présence de la disparition, de l’anéantissement inéluctable de l’être humain. Sur cette magnifique chanson, qui n’est pas sans évoquer un certain « Orly » de Brel (pour la musique), Michèle Bernard parle des rythmes de la vie, comme d’une danse à plusieurs temps. C’est un leitmotiv que l’on retrouve chez elle, comme dans La valse de la vie, composée par Suzy Firth en hommage à Michèle Guigon, disparue en 2014. Il y a un autre hommage dans le disque et dans le concert aussi à Jean Pacalet, un accordéoniste ami qui est mort en 2011. C’est la chanson La montée des anges qui invoque les bons génies pour rappeler la mémoire de cet ami. Le titre est réaliste sans affliction, ni pesanteur. « Tu nous as laissés dans les crocs du temps qui passe, mais rien ne change…  Jeannot ».

Autre belle chanson, « Savon d’Alep (Pavane pour une Syrie défunte) ». Le titre parle de lui-même. La chanteuse évoque les qualités de douceur du savon d’Alep pour regretter la cruauté qui se déroule dans la ville de Syrie. Alep, aleph… la chanson a des sonorités orientales, elle n’est que tempérance.

Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016
Michèle Bernard ©annie claire 18.10.2016

Rivière (Juste pour la beauté du monde) est un titre plus aérien où la chanteuse invoque l’espace, la nature. Sa voix claire s’envole dans les hauteurs. Les roses, « au parfum sucré », reçoivent leur salut, et le poème nous fait penser à certains vers et intonations d’Hélène Martin, que nous avons connue au lendemain de 68 dans les lieux parisiens que fréquentait aussi Michèle Bernard.

©annie claire 16.10.2016
©annie claire 16.10.2016 Sandrine de Rosa, Michèle Bernard et Michel Sanlaville

Quelques titres parmi ses tubes, pour donner du baume au coeur à ses fans, Michèle Bernard a bien sûr chanté Maria Suzanna en début de concert, puis un peu plus tard, terriblement bouleversante, Je t’aime, seule à l’accordéon.

Michèle Bernard et Anne Sylvestre ©annie claire 18.10.2016
Michèle Bernard et Anne Sylvestre ©annie claire 18.10.2016

michele-bernardA la fin du spectacle, après les rappels, Michèle Bernard revient seule sur scène, se plante devant les spectateurs, un Café de la Danse plein pour la seconde soirée, et les regarde, pendant de longues minutes, leur offrant l’intensité de sa présence bienfaisante. Moi j’ai envie de dire aussi, Madame Michèle Bernard, nous vous aimons, beaucoup, depuis bien longtemps, vous nous faites du bien, un bien essentiel.

Michèle Bernard « Tout’Manières » 14 titres chez EPM/Universal.  Management Vocal 26.

Annie Claire 17.10.2016

 

 

 

 

 

 

Auteur : Annie Claire Hilga

Je suis reporter de concert, depuis bien des années, je chemine chaque jour de salle en salle, de ville en ville et de contrée en contrée à la rencontre des artistes. j'illustre mes articles avec mes propres photos.

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