MPL « L’Étoile »

MPL est un groupe grenoblois de pop-indé francophone qui distille des ambiances douces, aux rythmes mélangés et à la poésie bien subtile. Ce sont cinq artistes, on les dit « décalés », leurs textes sont soignés, leurs mots sont évocateurs, leur musique est raisonnablement mélancolique. En fait MPL est l’anagramme de Ma Pauvre Lucette, le groupe s’étant formé à partir de la disparition d’une certaine Lucette. Les thèmes abordés ont vraisemblablement un rapport avec elle, ou du moins avec les sentiments qu’elle leur a inspirés. C’est un fil conducteur qu’il est simple de suivre, (ou de perdre) au fil des titres. Créé en 2012, année de la mort de Lucette, le groupe sort en janvier 2020 son deuxième album « L’Étoile ». Ce titre en dit long sur la symbolique dont les artistes semblent friands. L’étoile, c’est la destination, la lumière, la perfection. C’est sûrement aussi Lucette au nom prédestiné pour cette analyse (lux-lumière).

Certains titres ont des mélodies bien ourlées que les guitares agrémentent, d’autres sont des « spoken-word » que les guitares soutiennent, autrement dit les voix et les cordes tissent la trame de ce disque plutôt bien ouvragé. Voici le titre « Cendres », celles de Lucette dans une urne dans le clip. cette bande de garçons me fait personnellement un peu penser à Radio-Elvis, dans leur recherche d’un esthétique musicale et poétique. Il faut entrer dans leurs thèmes pour approfondir les inspirations. Outre l’idéal de la femme (ou ce que Lucette représente pour eux), l’on retrouve beaucoup la thématique de l’eau, la symbolique du temps qui passe, la pluie, les nuages, les tempêtes, la mer immense. La réalité est intelligemment tissée avec le surnaturel, la physique des humains rejoint la métaphysique des éléments. Dans le titre « Joséphine« , les voix mêlées interrogent A ton avis, d’où vient le nom des tempêtes. Sont-ce des ordinateurs ? C‘est humiliant de donner des prénoms d’humains aux ouragans. Découvrez, c’est assez savoureux.

On se régale en fait à l’écoute des quatorze morceaux de « l’Etoile », les garçons semblent assez waterproof, ils naviguent sous l’averse, dans les larmes mais ne sombrent jamais dans le spleen, nous laissant relativement légers, sinon joyeux, joli pari.

Annie Claire 23.12.2019

 

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