Wendy Martinez « Rivages du monde flottant »

 

Wendy Martinez D.R.

J’ai très envie aujourd’hui de parler du disque céleste de Wendy Martinez « Rivages du monde flottant », d’autant que le titre phare Le pays imaginaire est actuellement en playlist Inter. Je mets le très parlant clip de cette chanson ici, il livre le contexte de cet album lumineux qui surfe au dessus des contingences espace-temps dans lesquelles nous nous perdons trop souvent. C’est le premier opus (de neuf titres) de cette chanteuse que l’on a connue au sein du band féminin Gloria, et qui avait proposé il y a quelques mois un EP assez fort « La chevauchée électrique« . Son chant révèle une réelle empreinte vocale, il est hypnotique  et sensuel, mettant en valeur une écriture suggestive en langue française et une riche musique plutôt psychédélique.

Wendy Martinez a réalisé elle-même son album et ses clips, ses morceaux sont plutôt longs et c’est un bonheur de profiter de la durée pour vraiment entrer dans la magie des titres. Ainsi La vieillarde et l’enfant dure 6″28 et Qu’as-tu tu 7″10. C’est difficile de mettre des mots prosaïques sur des thèmes surréalistes et cosmiques. Disons que la chanteuse (compositrice et interprète) évoque un voyage au dessus des frontières et au delà des misères, petites ou grandes, famines, exploitations, maladies et autres lourdeurs. L’exploit réside dans le fait que les chansons sont incarnées par cette artiste femme qui parle de son ventre, du bébé et de l’enfant qu’elle a été, des maux qu’elle a chassés. Dans Qu’as tu tu, [du verbe taire], elle nous dit que le monde est malade et parle de son « étroitesse dans l’infini ».

Wendy Martinez en ITW

La richesse des références musicales est intéressante, avec Gainsbourg, Brigitte Fontaine ou Bashung, moi celle qui me parle le plus est Catherine Ribeiro, qui chante aussi avec ses tripes et propose des enregistrements à la limite de l’hypnose avec une enivrante réverbération. Le titre Aux femmes fortes rend hommage aux femmes folles et fortes qui la portent, Isadora Duncan, et pourquoi pas Patti Smith qui projette son expression bien au delà de ses mots. Bref ce disque est chargé d’expériences lumineuses qui sont proposées comme celle des Rapanuis (de l’Ïle de Pâques), l’énergie du morceau est incantatoire, impossible de ne pas aller y voir de plus près. Je mets dans mon bureau cette musique en mode aléatoire tellement toutes les plages me plaisent, et ce d’autant que je n’ai pas encore réceptionné le CD. Vous pouvez vous aussi « paver votre route d’or et de lumière » (Ref. Brel), adoptez le mode de transport imaginaire de Wendy Martinez, il allège bien la vie. Allez un dernier : Le grand soir en écoute ici. Qu’en pensez-vous ?

Annie Claire

03.08.2023

 

 

 

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