AnneliSe Roche « 6, rue du Chêne »

 

AnneliSe Roche a voulu que j’écoute son deuxième EP « 6, rue du Chêne », elle devait savoir que j’allais beaucoup aimer. En effet, je suis tombée sous le charme d’une écriture très fraîche, d’une voix pure et tendre, d’une musique travaillée selon les ambiances. A l’écoute, on la sent bien influencée par les très grandes de la chanson. Ci et là, des thèmes, des mots nous évoquent Barbara (les mignons), Anne Sylvestre (touchant-touchant) et aussi Michèle Bernard.

Nos jeunes chanteuses savent chanter, c’est sûr, je pense à Léonor Bolcatto ou Gisèle Pape, car je viens d’écrire sur elles aussi. De plus elles sont musiciennes et pratiquent les instruments, pour AnneliSe la guitare, la clarinette et le piano. Chacune sait se détacher avec son style propre, ce qui leur permet de travailler ensemble et de faire de leur métier un ouvrage collectif, chacune s’enrichissant du talent des autres.

AnneliSe Roche ©Anne-Marie Panigada

Revenons à AnneliSe qui nous conte son enfance et sa maison à la fois réelle et imaginaire, s’inscrivant dans un univers poétique très paisible. La voix bien timbrée de la conteuse révèle une richesse de détails olfactifs, visuels, sonores qui sont autant de souvenirs affectifs de son enfance, c’est touchant. L’humain est bien présent dans son écriture. La maison est habitée. C’est le moment de l’écouter ici.

Le ton de cet EP est résolument optimiste « camouflé derrière un rire », l’on ressent une légèreté et un humour que ne renierait pas Anne Sylvestre. « Ma pluie c’est une consolation, une respiration de la terre, la caresse d’une mer / ma pluie, elle invente des odeurs, elle colore les forêts d’un parfum singulier / elle s’allonge sur les jardins, les arbustes, les pétales / elle valorise l’humus… »

Sur le joli morceau Présence, Jonathan Matthis a réalisé les arrangements, sur le CD il joue de l’accordéon et des percussions. Une flûte traversière enjouée se fait entendre, c’est Jean-David Rochoux. Les atmosphères musicales sont variées. Je conseille le titre Maryline pour le mois de mars, les luttes pour les droits des femmes, une chanson engagée, drôle et percutante, que voici. Il n’y a que six morceaux sur cet EP, mais en l’écoutant maintes et maintes fois, l’on en découvre encore des petits joyaux cachés dans les textes, petites pierres qui sont l’apanage des opus réussis.

Annie Claire 12.03.2021

 

 

 

 

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